Maison centrale de Poissy, 2016. Deux chaises se font face. S'y succèdent condamnés à perpétuité ou surveillants pénitentiaires. Deux mondes s’affrontent ici qui, pour cohabiter chaque jour, devraient bien se connaître – et n’ont pourtant jamais eu l’occasion de se rencontrer vraiment.
| Réalisateur | Bertrand Meunier |
| Acteur | l'équipe éditoriale de Tënk |
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C'est simple, on dirait. C'est un film entièrement fait de paroles. Celles, complémentaires ou contradictoires, des surveillants ou des détenus. Celles qui font que deux mondes qui se côtoient se rencontrent. Celles avec des tons et des voix qu'on écoute, qui questionnent, amusent ou choquent.
Mais non, bien sûr, ce n'est pas du tout un film entièrement fait de paroles. Il est rempli de bien d'autres choses. D'images, d'abord. Parce qu'il y a les apparences, l'uniforme ou non qui caractérise les rôles, les postures de domination, de réserve ou de gêne. Alors ce plan frontal (presque) unique n'est jamais le même plan.
Et justement, comment fabriquer un récit avec un plan (presque) unique ? Voilà, en fait, on y est : ce film est un travail de montage un peu fou. Qui fabrique, avec la dramaturgie même de longs plans continus (avec la parole et les silences, avec les timides et les cabots), la dramaturgie d'un film tout entier.
C'est passionnant et – car – inouï.
(Et la monteuse s'appelle Ariane Prunet)
Jérémie Jorrand
Responsable de l'éditorialisation et co-directeur artistique de Tënk

C'est simple, on dirait. C'est un film entièrement fait de paroles. Celles, complémentaires ou contradictoires, des surveillants ou des détenus. Celles qui font que deux mondes qui se côtoient se rencontrent. Celles avec des tons et des voix qu'on écoute, qui questionnent, amusent ou choquent.
Mais non, bien sûr, ce n'est pas du tout un film entièrement fait de paroles. Il est rempli de bien d'autres choses. D'images, d'abord. Parce qu'il y a les apparences, l'uniforme ou non qui caractérise les rôles, les postures de domination, de réserve ou de gêne. Alors ce plan frontal (presque) unique n'est jamais le même plan.
Et justement, comment fabriquer un récit avec un plan (presque) unique ? Voilà, en fait, on y est : ce film est un travail de montage un peu fou. Qui fabrique, avec la dramaturgie même de longs plans continus (avec la parole et les silences, avec les timides et les cabots), la dramaturgie d'un film tout entier.
C'est passionnant et – car – inouï.
(Et la monteuse s'appelle Ariane Prunet)
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