Dans une tentative de décrire la vie quotidienne où les gens luttent pour les droits humains les plus élémentaires, _Home Movies Gaza_ nous présente la bande de Gaza comme un microcosme d'un déclin de la civilisation, trouvant une perspective dans une domesticité compliquée, abandonnée, impossible à séparer de sa politique.
| Réalisateur | Basma al-Sharif |
| Acteur | l'équipe éditoriale de Tënk |
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Entrer dans Home Movies Gaza, c’est accepter de perdre ses repères de spectateur de l’urgence. Basma al-Sharif y déploie une esthétique de la résistance qui préfère au fracas des bombes le bruissement d’un jardin ou un bitume monotone. En détournant le « film de famille », elle réclame le droit à la banalité pour un territoire que l’on ne nous donne à voir que par ses ruines.
Le film est une errance sensorielle où l’image, loin du documentaire classique, se fragmente et se métamorphose. Par des jeux de textures et des altérations chromatiques, al-Sharif s'éloigne du réalisme pour traduire l’asphyxie du blocus. Ce traitement expérimental capte une géographie en sursis : le montage souligne l’impossibilité d’une narration linéaire là où le futur est suspendu. Ici, l’image n’est pas seulement là pour documenter ; elle devient le refuge d’une mémoire qui refuse l’effacement. Un acte nécessaire où le geste de filmer devient, en soi, une demeure.
Mathilde Rouxel
Historienne du cinéma

Entrer dans Home Movies Gaza, c’est accepter de perdre ses repères de spectateur de l’urgence. Basma al-Sharif y déploie une esthétique de la résistance qui préfère au fracas des bombes le bruissement d’un jardin ou un bitume monotone. En détournant le « film de famille », elle réclame le droit à la banalité pour un territoire que l’on ne nous donne à voir que par ses ruines.
Le film est une errance sensorielle où l’image, loin du documentaire classique, se fragmente et se métamorphose. Par des jeux de textures et des altérations chromatiques, al-Sharif s'éloigne du réalisme pour traduire l’asphyxie du blocus. Ce traitement expérimental capte une géographie en sursis : le montage souligne l’impossibilité d’une narration linéaire là où le futur est suspendu. Ici, l’image n’est pas seulement là pour documenter ; elle devient le refuge d’une mémoire qui refuse l’effacement. Un acte nécessaire où le geste de filmer devient, en soi, une demeure.
Mathilde Rouxel
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