Cisjordanie, été 2024. Rasheed, un créateur de jeu vidéo, s’efforce d’élever ses deux fils malgré les raids de l’armée israélienne et les nouvelles de Gaza qu'il suit via les réseaux sociaux. La nuit, il crée des jeux où les mères et les pères n’arrivent plus à protéger leurs enfants.
| Réalisateur | Mohamed Mesbah |
| Acteur | Caroline Châtelet |
| Partager sur |
Lorsque les médias mainstream parlent de jeux vidéo, ce sera, le plus souvent, pour dérouler le marronnier des comportements violents dont ils seraient la source. Lorsque les mêmes médias évoquent la Palestine, ce sera, le plus souvent, en donnant la parole au colonisateur. En retournant cette doxa comme cet impensé raciste, Still Playing renvoie avec une justesse impeccable à l'obscénité de nos biais de perception. À travers le quotidien de Rasheed, l'on perçoit l'impossibilité pour ce père de famille d'accéder à une vie normale, alors qu'il n'aspire qu'à cela – et la première séquence, où la traque n'a rien de virtuel, le pose d'emblée. Articulant avec une intelligence implacable les questions d'invisibilisation ; l'indécence des mécanismes d'empathie ; l'ampleur indicible des traumas pour le peuple palestinien ; la « modulation » de l'imaginaire sur le quotidien vécu ; le rôle des jeux vidéo dans la formulation de concepts et d'affects ; le film rappelle que parfois vivre, continuer à jouer (« still playing »), c'est déjà résister.
Caroline Châtelet
journaliste, critique dramatique

Lorsque les médias mainstream parlent de jeux vidéo, ce sera, le plus souvent, pour dérouler le marronnier des comportements violents dont ils seraient la source. Lorsque les mêmes médias évoquent la Palestine, ce sera, le plus souvent, en donnant la parole au colonisateur. En retournant cette doxa comme cet impensé raciste, Still Playing renvoie avec une justesse impeccable à l'obscénité de nos biais de perception. À travers le quotidien de Rasheed, l'on perçoit l'impossibilité pour ce père de famille d'accéder à une vie normale, alors qu'il n'aspire qu'à cela – et la première séquence, où la traque n'a rien de virtuel, le pose d'emblée. Articulant avec une intelligence implacable les questions d'invisibilisation ; l'indécence des mécanismes d'empathie ; l'ampleur indicible des traumas pour le peuple palestinien ; la « modulation » de l'imaginaire sur le quotidien vécu ; le rôle des jeux vidéo dans la formulation de concepts et d'affects ; le film rappelle que parfois vivre, continuer à jouer (« still playing »), c'est déjà résister.
Caroline Châtelet
journaliste, critique dramatique
Français
Anglais