Le réalisateur engage un dialogue avec son frère aîné, autrefois condamné pour trafic de drogue en Guyane. Portrait d’un homme marqué par la détention.
| Réalisateur | Thibault Verneret |
| Acteur | l'équipe éditoriale de Tënk |
| Partager sur |
Deux rives témoigne, avec une pudeur rare, de ce qu’il reste parfois à faire entre deux êtres ; entre deux frères réunis, pour un temps, par le cinéma. La mise en scène se distingue par sa rigueur et sa sécheresse. Le format 1.33 vient contraindre ce « grand fauve » qu’est Guillermo, dont le corps est un territoire à lui seul. Un corps qui reste en alerte, qui ne se relâche jamais vraiment, qui marche, compte, répète les gestes appris en détention, comme si la prison continuait d’habiter chaque muscle. Ce corps filmé est aussi celui d’un père. Quelques plans suffisent à faire exister un calme relatif, que la cellule familiale semble seule capable d’accueillir. Le montage en chapitres renforce la dimension presque mythologique du récit. On pense parfois à Melville ou à Scorsese, mais c’est bien d’un portrait singulier qu’il s’agit ici, porté par une subjectivité discrète mais forte. Le film, tenu de bout en bout, ne force jamais la réconciliation, ne met en scène ni règlement de comptes ni effusions. Ce qui en émerge, c’est une forme d’amour – rude, sans mots inutiles – et une confiance silencieuse entre les deux hommes.
Thomas Jenkoe
Cinéaste

Deux rives témoigne, avec une pudeur rare, de ce qu’il reste parfois à faire entre deux êtres ; entre deux frères réunis, pour un temps, par le cinéma. La mise en scène se distingue par sa rigueur et sa sécheresse. Le format 1.33 vient contraindre ce « grand fauve » qu’est Guillermo, dont le corps est un territoire à lui seul. Un corps qui reste en alerte, qui ne se relâche jamais vraiment, qui marche, compte, répète les gestes appris en détention, comme si la prison continuait d’habiter chaque muscle. Ce corps filmé est aussi celui d’un père. Quelques plans suffisent à faire exister un calme relatif, que la cellule familiale semble seule capable d’accueillir. Le montage en chapitres renforce la dimension presque mythologique du récit. On pense parfois à Melville ou à Scorsese, mais c’est bien d’un portrait singulier qu’il s’agit ici, porté par une subjectivité discrète mais forte. Le film, tenu de bout en bout, ne force jamais la réconciliation, ne met en scène ni règlement de comptes ni effusions. Ce qui en émerge, c’est une forme d’amour – rude, sans mots inutiles – et une confiance silencieuse entre les deux hommes.
Thomas Jenkoe
Cinéaste
Français
Anglais