Des femmes rejouent leur vie d’anciennes détenues dans une prison abandonnée de Buenos Aires. Les cheveux blonds ou le crâne rasé, cisgenre ou transgenre, avec douceur ou avec rage, elles chantent et dansent leurs souvenirs, revivent leur vie sous forme de fiction et s’inventent, par la fantaisie et l’imagination, une vie meilleure.
| Réalisateur | Lola Arias |
| Acteur | Caroline Châtelet |
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L'on pourrait voir Reas comme étant l'histoire de la seule Yoseli, arrêtée à l'aéroport pour trafic de drogue et voyant son rêve de partir en Europe s'effondrer. Mais à travers le séjour en prison de la jeune femme c'est, au final, le récit d'un collectif que le film déplie. Dans ce docu-fiction déluré – né conjointement à Los días afuera, spectacle documentaire réunissant les mêmes interprètes sous la direction de Lola Arias – ce qui guide et met en mouvement les personnages est le collectif et l'imaginaire. En passant par la comédie musicale – genre mainstream et populaire s'il en est – le film raconte des vies habituellement invisibilisées (de femmes cis et personnes trans). La marge éclate ici au grand jour, retournant la stigmatisation par le jeu, la danse, le chant et déjouant tout misérabilisme pour affirmer un univers aux tonalités pop et à l'indéfectible sororité. Si les cours de voguing succèdent à ceux de muscu, le film n'oblitère pas les rapports de pouvoir à l’œuvre dans la prison entre matonnes et prisonnières. La violence est reléguée, mais pas effacée, et l'amitié, la solidarité et la créativité aident à la conjurer.
Caroline Châtelet
journaliste, critique dramatique

L'on pourrait voir Reas comme étant l'histoire de la seule Yoseli, arrêtée à l'aéroport pour trafic de drogue et voyant son rêve de partir en Europe s'effondrer. Mais à travers le séjour en prison de la jeune femme c'est, au final, le récit d'un collectif que le film déplie. Dans ce docu-fiction déluré – né conjointement à Los días afuera, spectacle documentaire réunissant les mêmes interprètes sous la direction de Lola Arias – ce qui guide et met en mouvement les personnages est le collectif et l'imaginaire. En passant par la comédie musicale – genre mainstream et populaire s'il en est – le film raconte des vies habituellement invisibilisées (de femmes cis et personnes trans). La marge éclate ici au grand jour, retournant la stigmatisation par le jeu, la danse, le chant et déjouant tout misérabilisme pour affirmer un univers aux tonalités pop et à l'indéfectible sororité. Si les cours de voguing succèdent à ceux de muscu, le film n'oblitère pas les rapports de pouvoir à l’œuvre dans la prison entre matonnes et prisonnières. La violence est reléguée, mais pas effacée, et l'amitié, la solidarité et la créativité aident à la conjurer.
Caroline Châtelet
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