Deux cinéastes traversent la vallée du Cauca, en Colombie, un territoire profondément marqué par la violence de la transformation imposée par la pensée coloniale et moderniste, notamment à travers les plantations de canne à sucre. Ce paysage, témoin d’une histoire de domination et d’exploitation, devient un lieu de réflexion et de révolte. À travers un poème visuel, le film explore les blessures laissées par cette transformation violente, tant sur la terre que sur les corps.
| Réalisateur | Lorena Almario & Luciano Ortiz |
| Acteur | l'équipe éditoriale de Tënk |
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D’emblée, Plegarias Mestizas (« Prières métisses ») nous rappelle que le cinéma est d’abord un art du son. Avant les images, la forêt parle : bruissements, souffles, frottements, présences invisibles. Le cinéma, c’est fait pour penser avec les yeux et entendre avec les oreilles, pensait Jean-Luc Godard. Lorena Almario et Luciano Ortiz ouvrent leur film par une écoute de la forêt. La traversée de la vallée du Cauca, en Colombie, se construit dès lors comme un poème sensible, où le paysage porte les stigmates coloniaux, inscrits dans la terre même, notamment à travers les plantations de canne à sucre. Mais le film refuse d’asséner un contre-récit : il préfère les rythmes, les silences, les résonances. Il évoque. Par le montage et le travail sonore, Plegarias Mestizas fait émerger un vivant blessé mais actif, traversé de mémoires et de résistances. Ce film affirme surtout une politique des formes : écouter devient un geste de cinéma, et filmer, une manière de préserver ce qui persiste, malgré tout, dans les corps et les territoires.
Benoît Hické
Programmateur et enseignant

D’emblée, Plegarias Mestizas (« Prières métisses ») nous rappelle que le cinéma est d’abord un art du son. Avant les images, la forêt parle : bruissements, souffles, frottements, présences invisibles. Le cinéma, c’est fait pour penser avec les yeux et entendre avec les oreilles, pensait Jean-Luc Godard. Lorena Almario et Luciano Ortiz ouvrent leur film par une écoute de la forêt. La traversée de la vallée du Cauca, en Colombie, se construit dès lors comme un poème sensible, où le paysage porte les stigmates coloniaux, inscrits dans la terre même, notamment à travers les plantations de canne à sucre. Mais le film refuse d’asséner un contre-récit : il préfère les rythmes, les silences, les résonances. Il évoque. Par le montage et le travail sonore, Plegarias Mestizas fait émerger un vivant blessé mais actif, traversé de mémoires et de résistances. Ce film affirme surtout une politique des formes : écouter devient un geste de cinéma, et filmer, une manière de préserver ce qui persiste, malgré tout, dans les corps et les territoires.
Benoît Hické
Programmateur et enseignant
Français
Anglais