_Red Africa_ raconte l’influence exercée par l’URSS auprès des États africains nouvellement indépendants entre 1960 et 1990, à partir d’extraordinaires archives tournées par des opérateurs soviétiques. Le montage subtil des images restaurées dévoile les intérêts cachés de l’URSS, qui, sous couvert de générosité, aspire à étendre le « paradis » socialiste.
| Réalisateur | Alexander Markov |
| Acteur | Mathilde Rouxel |
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Les traces filmiques de l’impérialisme soviétique sur le continent africain obsèdent Alexander Markov. Dans Red Africa, le documentariste russe monte 65 min d’images tournées par des opérateurs envoyés par l’URSS entre les années 1960 et 1990 et œuvre à retourner la rhétorique d’une vaste entreprise de propagande et d’influence, où l’amitié proclamée dissimulait des cargos de matière premières quittant le continent pour Moscou. Le geste est celui d’un astucieux montage critique : Markov ne dénonce pas frontalement la manipulation qui construit ces images, mais reconfigure une matière filmique politique produite en temps de guerre froide pour en exposer le mécanisme. Le paysage sonore est recomposé par le cinéaste pour, en grande partie, faire disparaître le commentaire qui prétendait expliquer l’Afrique aux Soviétiques – et aux Africains eux-mêmes. L’archive devient non plus un décor, mais un espace de conflit idéologique où les images parlent d’elles-mêmes.
Mathilde Rouxel
Historienne du cinéma

Les traces filmiques de l’impérialisme soviétique sur le continent africain obsèdent Alexander Markov. Dans Red Africa, le documentariste russe monte 65 min d’images tournées par des opérateurs envoyés par l’URSS entre les années 1960 et 1990 et œuvre à retourner la rhétorique d’une vaste entreprise de propagande et d’influence, où l’amitié proclamée dissimulait des cargos de matière premières quittant le continent pour Moscou. Le geste est celui d’un astucieux montage critique : Markov ne dénonce pas frontalement la manipulation qui construit ces images, mais reconfigure une matière filmique politique produite en temps de guerre froide pour en exposer le mécanisme. Le paysage sonore est recomposé par le cinéaste pour, en grande partie, faire disparaître le commentaire qui prétendait expliquer l’Afrique aux Soviétiques – et aux Africains eux-mêmes. L’archive devient non plus un décor, mais un espace de conflit idéologique où les images parlent d’elles-mêmes.
Mathilde Rouxel
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