Comme dans L'_Orlando_ du roman de Virginia Woolf (paru en 1928), le film d'Ottinger raconte l'histoire d'un personnage échappant aux lois du temps. Iel réalise le vieux rêve de l’androgyne en parcourant le monde, de sa création à aujourd’hui, changeant de sexe et d’époque. Au gré de son odyssée et de ses identités (Orlando Zyklopa, Orlando Orlanda, Orlando Capricho, Freak Orlando, Mr Orlando), iel réalise que la peur, la cruauté et la folie humaine sont intemporelles et universelles.
| Réalisateur | Ulrike Ottinger |
| Acteur | Caroline Châtelet |
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Film gigogne baroque renfermant plusieurs Orlando, film flamboyant avec la sublime Delphine Seyrig et réunissant une flopée de freaks (nains, femme-tronc, sœurs siamoises, etc.) à la monstruosité réelle ou artificielle, Freak Orlando a quelque chose d'inracontable. Se donnant comme un conte – avec son ouverture sur l'arrivée d'Orlando à l'aube à Freak City, et sa fin sur son départ à la nuit tombée – il déplie un récit en cinq épisodes. Orlando endossera à chaque fois une personnalité, un nom, un genre et une fonction différentes. Dans cette œuvre ayant sans conteste influencé d'autres artistes (des cinéastes Jeunet et Caro au plasticien Matthew Barney), ce qui est au travail est la transformation. Cette question est prise par le prisme de la déformation, des corps comme des pratiques (le BDSM gay y est omniprésent), et à la métamorphose d'Orlando s'ajoute toutes les autres. Les parades carnavalesques teintées de camp (pratique et esthétique liée à la culture gay arborant stylisation et artifices à outrance) succèdent aux processions plus inquiétantes, le tout composant un fascinant « petit théâtre du monde ».
Caroline Châtelet
journaliste, critique dramatique

Film gigogne baroque renfermant plusieurs Orlando, film flamboyant avec la sublime Delphine Seyrig et réunissant une flopée de freaks (nains, femme-tronc, sœurs siamoises, etc.) à la monstruosité réelle ou artificielle, Freak Orlando a quelque chose d'inracontable. Se donnant comme un conte – avec son ouverture sur l'arrivée d'Orlando à l'aube à Freak City, et sa fin sur son départ à la nuit tombée – il déplie un récit en cinq épisodes. Orlando endossera à chaque fois une personnalité, un nom, un genre et une fonction différentes. Dans cette œuvre ayant sans conteste influencé d'autres artistes (des cinéastes Jeunet et Caro au plasticien Matthew Barney), ce qui est au travail est la transformation. Cette question est prise par le prisme de la déformation, des corps comme des pratiques (le BDSM gay y est omniprésent), et à la métamorphose d'Orlando s'ajoute toutes les autres. Les parades carnavalesques teintées de camp (pratique et esthétique liée à la culture gay arborant stylisation et artifices à outrance) succèdent aux processions plus inquiétantes, le tout composant un fascinant « petit théâtre du monde ».
Caroline Châtelet
journaliste, critique dramatique
Français