Mumbai. Pendant environ un an et demi, Nishtha Jain a filmé Lakshmi, sa jeune domestique. Âgée de 21 ans, elle travaille soixante-dix heures par semaine pour six employeurs différents. Le film nous montre ses efforts, son courage, son engagement, et interroge la relation entre les deux femmes.
| Réalisateur | Nishtha Jain |
| Acteur | Doc Cévennes |
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« Lorsque j’ai commencé à travailler et à subvenir à mes besoins, j'ai engagé une femme de ménage. Elle m’appelle Didi (grande sœur) et je l’appelle par son nom, Lakshmi ». Au bout de cinq ans, la réalisatrice, qui évoque ses bonnes relations avec Lakshmi, décide de « franchir la ligne » et lui propose de la filmer. Cette dernière répond simplement « Oui Didi, ma vie mérite vraiment un film ». Nous plongeons alors dans l'univers de cette jeune femme malade, qui travaille soixante-dix heures par semaine pour six employeurs différents, qui mange par terre, même à côté d'une table, et qui dort tout d’abord dans sa famille, dans une ruelle de Bombay, avant de choisir un mari dans une caste inférieure et d'être ostracisée. Lakshmi force l'admiration par son courage et sa capacité d'assumer et d'accepter les difficultés comme les joies de la vie, par son tout jeune engagement militant, par sa droiture et par cette ironie voilée, inimaginables pour ceux qui la prendraient pour une créature inférieure. Très troublée, entre ses postures d'employeuse, de réalisatrice et d'amie, Nishtha Jain signe le beau portrait d'un être qui évolue dans le tissu conjonctif entre les classes et les castes, entre la ville nouvelle et celle des pauvres, entre règles anciennes et plus récentes, une position d'où Lakshmi se demande : « Quel péché ai-je commis pour être née femme ? ».
Catherine Divet
DOC-Cévennes

« Lorsque j’ai commencé à travailler et à subvenir à mes besoins, j'ai engagé une femme de ménage. Elle m’appelle Didi (grande sœur) et je l’appelle par son nom, Lakshmi ». Au bout de cinq ans, la réalisatrice, qui évoque ses bonnes relations avec Lakshmi, décide de « franchir la ligne » et lui propose de la filmer. Cette dernière répond simplement « Oui Didi, ma vie mérite vraiment un film ». Nous plongeons alors dans l'univers de cette jeune femme malade, qui travaille soixante-dix heures par semaine pour six employeurs différents, qui mange par terre, même à côté d'une table, et qui dort tout d’abord dans sa famille, dans une ruelle de Bombay, avant de choisir un mari dans une caste inférieure et d'être ostracisée. Lakshmi force l'admiration par son courage et sa capacité d'assumer et d'accepter les difficultés comme les joies de la vie, par son tout jeune engagement militant, par sa droiture et par cette ironie voilée, inimaginables pour ceux qui la prendraient pour une créature inférieure. Très troublée, entre ses postures d'employeuse, de réalisatrice et d'amie, Nishtha Jain signe le beau portrait d'un être qui évolue dans le tissu conjonctif entre les classes et les castes, entre la ville nouvelle et celle des pauvres, entre règles anciennes et plus récentes, une position d'où Lakshmi se demande : « Quel péché ai-je commis pour être née femme ? ».
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