_City of Photos_ explore l'univers des studios photo de quartier dans les villes indiennes, découvrant des mondes imaginaires entiers dans les espaces les plus réduits. Ces studios minuscules et délabrés, qui semblent figés dans le temps, se révèlent être des lieux débordant d'énergie. Les personnes qui les réquentent sont aussi pleines de surprises que les toiles devant lesquelles elles posent et les accessoires qu'elles choisissent. Un aperçu fascinant des fantasmes individuels et des goûts populaires.
| Réalisateur | Nishtha Jain |
| Acteur | Doc Cévennes |
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« Smile… beautiful! »
Calcutta 2004. Dès les premiers plans, vestiges, accessoires, portraits et miroir poussiéreux font comme un seuil que l'on franchit pour embrasser les fragments d'une mémoire des photographes de quartier. Entre témoignages, nostalgie, images fortes et riche bande sonore, nous nous laissons mesmériser par la matérialité magique de la ville et par le dialogue fébrile entre ses habitants et leur cité rêvée, leur vie rêvée et leur immortalité de papier glacé. Ici, les prises de vues se font devant des représentations de ponts, jardins ou palais libérés de leur gangue urbaine. On y découvre des racines de grandeurs, des ciels paisibles ou tourmentés, des visions édéniques ou catastrophiques. Ce sont là des réalités fragiles, plus vraies que vraies, devant lesquelles on pose. On y est mis en scène pour le mariage, le souvenir ou le plaisir, par des spécialistes du leurre et du poncif. Feutre, pinceau ou logiciel finalisent ces portraits d’aujourd’hui qui répondent à ceux d’hier, à ces familles inquiètes ou ostentatoires, dont les visages font voler en éclats les cadres et artifices de l’art. Au cœur de ce théâtre d'accumulations, qui répond aux architectures stratifiées de la ville, un homme dévoile d’autres images. Elles témoignent des destructions, morts et rescapés des émeutes anti-musulmans du Gujarat, en 2002. Nous y sommes. Léger ou tragique, City of Photos est un hommage du cinéma au regard immobile des rêves, des peurs et des stupeurs.
Catherine Divet
DOC-Cévennes

« Smile… beautiful! »
Calcutta 2004. Dès les premiers plans, vestiges, accessoires, portraits et miroir poussiéreux font comme un seuil que l'on franchit pour embrasser les fragments d'une mémoire des photographes de quartier. Entre témoignages, nostalgie, images fortes et riche bande sonore, nous nous laissons mesmériser par la matérialité magique de la ville et par le dialogue fébrile entre ses habitants et leur cité rêvée, leur vie rêvée et leur immortalité de papier glacé. Ici, les prises de vues se font devant des représentations de ponts, jardins ou palais libérés de leur gangue urbaine. On y découvre des racines de grandeurs, des ciels paisibles ou tourmentés, des visions édéniques ou catastrophiques. Ce sont là des réalités fragiles, plus vraies que vraies, devant lesquelles on pose. On y est mis en scène pour le mariage, le souvenir ou le plaisir, par des spécialistes du leurre et du poncif. Feutre, pinceau ou logiciel finalisent ces portraits d’aujourd’hui qui répondent à ceux d’hier, à ces familles inquiètes ou ostentatoires, dont les visages font voler en éclats les cadres et artifices de l’art. Au cœur de ce théâtre d'accumulations, qui répond aux architectures stratifiées de la ville, un homme dévoile d’autres images. Elles témoignent des destructions, morts et rescapés des émeutes anti-musulmans du Gujarat, en 2002. Nous y sommes. Léger ou tragique, City of Photos est un hommage du cinéma au regard immobile des rêves, des peurs et des stupeurs.
Catherine Divet
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