Argentine 1976 : coup d'État

Argentine 1976 : coup d'État

50 ans après, trois films qui font œuvre de mémoire.

Depuis son arrivée au gouvernement argentin en 2023, le Président Javier Milei a remis en question à plusieurs reprises le chiffre de 30 000 victimes de la dictature. Soutenu par de vastes secteurs de la population, notamment des jeunes, ses mots ravivent les discours négationnistes. Voilà pourquoi aujourd’hui, 50 ans après le coup d’État qui a instauré une dictature militaire en 1976, il est encore important et nécessaire de revenir sur cette période sombre.

La dictature argentine a été particulièrement féroce et le cinéma a eu un rôle essentiel au moment de dénoncer et de préserver la mémoire des événements. Des œuvres de fiction emblématiques comme Garage Olimpo et La historia oficial ont dévoilé les mécanismes de torture et de disparition ainsi que des pratiques comme le vol de nourrissons, donnés en adoption aux familles de militaires. Les documentaristes ont recueilli de nombreux témoignages glaçants, et avec le temps, ils ont ouvert aussi un terrain d’expérimentation formelle pour aborder la mémoire de cette période. 

Les films choisis pour ce programme reflètent les regards de trois cinéastes qui proposent des exercices de mémoire complémentaires. La réalisatrice Albertina Carri aborde son histoire familiale dans Los rubios (2003) à travers un récit audacieux et profondément personnel. Dans El juicio (2023), Ulises de la Orden s’appuie exclusivement sur des archives officielles pour construire le récit du procès qui a condamné les responsables de la violence d’État. À son tour, pour Responsabilidad empresarial (2020), Jonathan Perel choisit un geste performatif pour dénoncer le lien entre les intérêts économiques du patronat et la disparition des militants.

Ces trois films nous rappellent qu’une dictature agit toujours en collaboration avec la société civile, en complicité avec le silence et l’oubli. Ils évoquent un passé qui résonne avec le présent : face à la montée du fascisme, il est toujours important de répéter encore une fois et sans cesse : nunca más, plus jamais ça.

Francisca Lucero

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